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Palais des congrès - Caisse de dépôt et placement

L’agrandissement du Palais des congrès va enfin lui permettre d’avoir pignon sur rue au sud, rue Saint-Antoine, où trois facades patrimoniales, dont celles de l’ancien poste de pompiers et de l’édifice de la CUM, intégrées au nouveau bâtiment, vont lui conférer un caractère distinct, en harmonie avec le Vieux-Montréal. On ne peut en dire autant de la rue Viger au nord, qui avait été carrément occultée par un passage aérien la laissant devant un mur aveugle dans l’ombre d’un tunnel. Le prolongement du Palais vers l’ouest entre la sortie de ce tunnel, à la rue Jeanne-Mance, et la rue Bleury, va enfin lui donner, rue Viger, une nouvelle facade digne de ce nom, dont on propose de souligner l’avènement et l’architecture audacieuse.
Celle-ci se présente sous la forme d’une longue courbe convexe, face à celle concave de la rue, grand rectangle uniforme de panneaux vitrés couleur pastel que seule une marquise rectiligne vient marquer à la base, au dessus du trottoir. C’est cette ligne que l’on pourrait souligner d’un trait lumineux comme un rai sortant du tunnel, en fait sortant des entrailles même du palais où il se prolongerait à l’intérieur le long du couloir Viger, faisant ainsi lien avec la rue à l’entrée du passage Jeanne-Mance. Elle soulignerait également et symboliquement le traitement moderniste voulu au flanc nord du bâtiment, par contraste avec son flanc sud, face à l’architecture et à l’urbanisme plus modernes du centre-ville.
Cette ligne pourrait enfin se poursuivre à l’ouest, en deçà de la rue Bleury, reprise par le nouvel édifice de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, où elle entrerait au sortir du Palais, qu’elle entourerait à même hauteur, reflètant dans son va-et-vient lumineux, la circulation allumée de l’autoroute Ville-Marie sous-jacente et occultée, reliant enfin les deux monuments-phares économiques de l’État et les associant autour du square où devrait se tenir La Joute, cette sculpture-fontaine de Riopelle aussi oubliée au Parc Olympique.
Cette trace lumineuse serait réalisée par une ligne de diodes luminescentes de 130 mètres (425 pieds) le longueur placée sous l’arête de l’auvent à 5 mètres (15 pieds) du sol, ainsi que le long de l’édifice de la Caisse. À l’intérieur, elle se prolongerait à la même hauteur sur 23 mètres (75 pieds) le long du corridor principal du Palais, ainsi qu’en symétrique à l’intérieur de la Caisse. Elle serait animée, en sus et en dehors de l’horaire d’affichage programmé, par une combinatoire des trois couleurs de base en sus du blanc et par le mouvement aléatoire de la circulation souterraine.

Jean Décarie
Urbaniste